Distribution spatiale des biomarqueurs moléculaires dans les sols…

Distribution spatiale des biomarqueurs moléculaires dans les sols en relation avec les cultures de l’Age du Bronze et les végétations actuelles. Exemple de la Combe aux Moines (Brison Saint Innocent, Savoie).

Typhaine Guillemot1,2,3, Jérémy Jacob1,2,3 et Daniel Pierre1,2,3

1- Université d’Orléans, ISTO, UMR 7327, 45071, Orléans, France
2- CNRS/INSU, ISTO, UMR 7327, 45071 Orléans, France
3- BRGM, ISTO, UMR 7327, BP 36009, 45060 Orléans, France

Résumé :
Afin de caractériser les stratégies d’usage des sols à l’Age du Bronze et de 1730 à nos jours sur les bords du lac du Bourget (Brison-St-Innocent, Savoie), mais aussi de comprendre les contrôles agissant sur la distribution des biomarqueurs moléculaires dans les sols, une approche couplée géochimie organique (biomarqueurs moléculaires dans les sols)-SIG (cadastres, photos aériennes) a été développée. L’hypothèse de travail est que la miliacine présente dans les sols constitue un vestige des cultures de millet pratiquées sur la zone d’étude durant l’âge du Bronze. Mais les changements récents dans l’occupation des sols pourraient impacter les concentrations en miliacine.
Sur les périodes récentes, l’étude des parcellaires et photographies aériennes révèle une réduction globale de la taille des parcelles ainsi qu’une déprise agricole (transition cultures/forêts). L’analyse d’une quarantaine de sols distribués au sein de plusieurs parcelles voisines, cultivées en vigne, aujourd’hui indique des concentrations homogènes en miliacine qui n’ont pas permis de déterminer des paléoparcelles, comme initialement espéré (Figure 1). Bien que la miliacine semble plus abondante dans les sols cultivés, elle n’est pas absente des sols forestiers (Figure 1). L’intégration des concentrations en miliacine dans le SIG permet d’identifier les principaux facteurs qui pourraient en contrôler la distribution. Ainsi, nous avons pu déterminer que l’évolution récente du couvert végétal semble davantage impacter les concentrations en miliacine que les paramètres géomorphologiques (pente, indice IBK…).

Figure 1 : Distribution des concentrations en miliacine dans la parcelle échantillonnée à haute résolution.

 

 

 

Les parcelles cultivées aujourd’hui sont remarquablement cohérentes avec celles caractérisées par un degré de bonté de la terre élevé en 1730 (Mappe Sarde), et avec les zones potentiellement cultivées à l’Age du Bronze (présence de miliacine). Ceci dénote une certaine constance dans les critères de choix des sols à cultiver, critères qui semblent plus ou moins abandonnés sur les périodes récentes. Enfin, le rapport friédéline/acétate d’isomultiflorényle, deux biomarqueurs moléculaires identifiés dans les sols, est proposé comme indice de l’occupation des sols, avec de fortes valeurs correspondant à des contextes forestiers (Figure 2). Les sources biologiques de ces composés restent à identifier.

Figure 2 : Interpolation des valeurs du rapport friédéline / acétate d’isomultiflorényle sur la parcelle à haute résolution. Les valeurs rouges sont les valeurs du rapport les plus fortes et correspondent aux zones boisées à la date de 1936 par exemple. Les valeurs jaunes sont les plus faibles valeurs de ce rapport et indiquent des zones restées sous culture.

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