Pétrographie organique quantitative et biomarqueurs moléculaires au sein des archives lacustres…

Pétrographie organique quantitative et biomarqueurs moléculaires au sein des archives lacustres : outils d’identification des activités anthropiques holocènes du piedmont Alpin (Lac de Paladru, France et Lac Ledro, Italie).

Anaëlle Simonneau (1,2,3), Emmanuel Chapron (1,2,3), Christian Di Giovanni (1,2,3), Nicolas Bossard (1,2,3), Claude Le Milbeau (1,2,3) et Jérémy Jacob (1,2,3).

(1)    Université d’Orléans, ISTO, UMR 7327, 45071, Orléans, France.
(2)    CNRS/INSU, ISTO, UMR 7327, 45071, Orléans, France.
(3)    BRGM, ISTO, UMR 7327, BP 36009, 45060 Orléans, France.


Presentation FROGs 2012 – A Simonneau par Jeremy-Jacob

Résumé :

L’analyse de deux remplissages sédimentaires lacustres alpins de basse altitude situés en Italie et en France (les lacs Ledro et Paladru), pour lesquels les activités anthropiques sont bien connues par les prospections archéologiques, doit permettre de mieux comprendre l’impact des peuplements passés sur leurs environnements. Chaque remplissage sédimentaire a été caractérisé par une approche multiparamètres incluant des prospections en sismique réflexion et des carottages lacustres sur lesquelles des mesures physiques haute résolution (susceptibilité magnétique et microfluoresence des rayons X-XRF), des analyses de géochimie organique globale (pyrolyse Rock-Eval), de pétrographie organique quantitative et de géochimie moléculaire ont été réalisées.
L’étude des sols présents sur les bassins versants de chaque lac a permis une caractérisation et une identification de marqueurs organiques pédologiques communs et spécifiques des sols et des litières qui sont ensuite quantifiés au sein des sédiments et sont clairement distingués de la production autochtone lacustre.
Pendant la seconde moitié de l’Holocène, chaque phase d’intensification de l’érosion est associée avec une diminution du couvert végétal local. L’origine de ces évolutions pouvant être aussi bien climatique qu’anthropique, il convient de comparer ces phases érosives à la fois aux périodes historiques et préhistoriques d’anthropisation documentées par l’archéologie locale et régionale et aux propriétés physiques du sédiment, telle que la teneur en titane, reflétant la composition globale du matériel et interprétée comme étant associée avec une remobilisation des horizons de sol plus profonds. Chaque phase érosive est synchrone de périodes de plus forte pression humaine sur les versants, périodes qui semblent d’abord émerger en Italie puis en France avec un décalage d’environ 300 à 400 ans. A partir du Bronze Ancien (4100 et 3700 cal BP), l’impact des peuplements passés sur l’érosion des sols devient sans précédent de part et d’autre des Alpes, traduisant peut-être l’émergence de nouvelles pratiques culturales ou de nouvelles gestions des sols. En plus de cette cohérence temporelle au sein du massif alpin, les analyses moléculaires mettent en évidence, au sein de chaque séquence sédimentaire, la présence de miliacine, biomarqueur moléculaire du millet commun Panicum miliaceum, dont la culture débute en 4400 cal BP à Ledro et en 3300 à Paladru. Ces résultats sont en accord avec la dynamique de diffusion du millet telle qu’elle est retracée par les archéologues à l’échelle des Alpes.

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